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  • Jeudi 25 février 2016

    Par Alexandre Imbert - Alternative santé

    Bonjour,
    Dans le milieu des médecines naturelles, c’est l’émoi. Jean-Pierre Raveneau, l’herboriste de la place de Clichy, a été condamné par la justice à de la prison avec sursis et à une amende importante. Son échoppe, ouverte en 1880, est désormais fermée, et pour longtemps. Elle va nous manquer. 

    Jean-Pierre Haveneau, il faut le reconnaître, est un activiste de la liberté de se soigner et s’attaque au monopole de la pharmacie avec pugnacité et opiniâtreté depuis bien longtemps. Il a été le premier à introduire la vitamine C en supermarché en 1984 et, après s’être détourné de la pharmacie pure, il bouscule son monde sans en démordre depuis le fond de l’herboristerie qu’il dirige.

    On l’a poursuivi maintes fois par le passé (350 procès en correctionnelle) et il y a quelques années, en 2011, il a encore franchi la ligne jaune en clamant partout qu’il avait mis au point un traitement contre le sida : le Viralgic. Procès, condamnation à un an avec sursis et 15 000 € d'amende... Cela ne l’a pas calmé.

    Un jour, ses ennemis en ont eu assez de cet « empêcheur de tourner en rond » patenté et ont sauté sur une vague plainte d’un pharmacien des Pays de Loire pour le serrer. Perquisition à l'herboristerie, saisie de flacons d'huiles essentielles et de crèmes classées par pathologie et, en arrière-boutique… 33 flacons de Viralgic. Ils le tenaient, cette fois, et ils l’ont eu : l’herboristerie est désormais fermée, pour la première fois depuis 150 ans !

    C’est cela, la loi sur le médicament. Elle est si restrictive sur les appellations et les allégations thérapeutiques qu’il suffit d’un flacon d’huile essentielle pour vous faire plonger. À tout moment, le vendeur d’épices du marché peut être poursuivi. À chaque instant, les fabricants de compléments alimentaires peuvent faire l’objet d’une descente. Il suffit de bien chercher pour trouver l’infraction. Forcément, on n’a droit à rien !

    Prendre des précautions, mesurer ses propos est quasiment impossible car il y a toujours un client qui va poser la question à laquelle, par compassion, on finira par répondre. Si c’est en réalité un inspecteur de la Répression des fraudes, un huissier assermenté ou un pharmacien, vous êtes bon pour le trou !

    Alors, dans notre milieu, tout le monde exerce son activité en essayant de ne pas se faire remarquer. On chuchote, on élude, on laisse entendre… et on tremble. Cela rappelle, à bien des égards, la situation de Français pendant l’Occupation, ou celle des Russes de l’époque soviétique, ou encore le comportement des Chinois de l’époque moderne. On vit dans la crainte, on courbe l’échine et on attend le coup fatal en priant pour y échapper.

    C’est sûr, chez nous, on ne va pas vous torturer pour avoir vendu du thym en branche, mais la prison n’est pas loin (surtout en cas de récidive) et l’amende pécuniaire, souvent, suffit à vous sortir du circuit.

    Cette fois, on a reproché à Jean-Pierre Raveneau de vendre des produits pharmaceutiques sans être inscrit à l’Ordre des pharmaciens, comme si l’inscription changeait quoi que ce soit aux compétences acquises pendant neuf ans parfois. Mais on aurait pu trouver autre chose, on lui a même reproché la présence d’étiquettes « illicites » en vrac !

    Vous allez penser que Jean-Pierre Raveneau n’est pas malin, qu’il aurait dû faire profil bas. Mais il y a des gens plus sanguins que d’autres… et surtout, il y a des gens qui sont conscients du rôle social qu’ils doivent assumer. Nous sommes un peu dans la même situation chez Alternative Santé mais, comme nous sommes des journalistes, nous bénéficions d’une protection spéciale. Toutefois, ne soyez pas étonnés si, un jour, nous disparaissons du paysage, vous saurez alors qu'ils nous ont eus, à notre tour.






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